LE GUIDE LEMANEO

Rénover en Suisse romande.
Les étapes, l’autorisation, le devis.

Ce que nous expliquons avant de parler chiffres. Pas de prix au mètre carré : ils dépendent trop de l’état du bien, de la structure et des finitions. Mais tout ce qu’il faut savoir pour ne pas se faire surprendre.

1. Les étapes d’un projet, dans l’ordre

Un projet de rénovation ou de construction se déroule presque toujours dans le même ordre. Le sauter, c’est payer deux fois.

  1. Clarifier ce que vous voulez. Une pièce ? Tout l’appartement ? Une extension ? Avec quel niveau de finition ? Un projet flou donne un devis flou.
  2. Vérifier ce que vous pouvez. Propriétaire, copropriétaire en PPE, locataire : les droits ne sont pas les mêmes. En PPE, le règlement dit ce que vous pouvez modifier seul. Locataire, il vous faut l’accord écrit du bailleur.
  3. Faire constater l’existant. Murs porteurs, colonnes techniques, électricité, amiante dans les bâtiments d’avant 1990 : une visite sérieuse regarde ça avant de dessiner.
  4. Régler la question de l’autorisation (section 2). Elle conditionne le calendrier.
  5. Obtenir un devis détaillé (section 3), puis signer un contrat clair.
  6. Suivre le chantier (section 4) et réceptionner les travaux (section 5).
Chez Lemaneo, les étapes 1 à 3 se font lors de la visite gratuite. Le devis et le contrat sont établis par l’entreprise partenaire qui réalisera les travaux et en répond ; Théo choisit l’entreprise avec vous, puis organise le projet et gère les échanges avec elle, du devis à la réception.

2. Faut-il une autorisation ?

Souvent oui, et plus souvent qu’on ne le croit. La règle dépend du canton, et chaque commune applique son propre règlement des constructions. Voici les grandes lignes, à vérifier pour votre cas.

Canton de Vaud

Tous les travaux doivent être annoncés à la commune, qui décide de la procédure : permis de construire avec enquête publique de 30 jours (la règle), permis dispensé d’enquête pour des travaux de minime importance, ou simple annonce pour ce qui n’est pas soumis à permis. C’est la Municipalité qui délivre le permis, après consultation des services cantonaux via la CAMAC. Une dispense d’enquête n’est pas une dispense de permis.

Canton de Genève

La plupart des travaux de construction, de transformation, d’agrandissement ou de changement d’affectation nécessitent une autorisation de l’Office des autorisations de construire (OAC). Les modifications intérieures d’un bâtiment existant, ou extérieures sans altération de l’aspect général, passent par la procédure accélérée (APA). Certains travaux intérieurs dans une villa individuelle ou contiguë ne sont pas soumis à autorisation, à condition de ne pas modifier la surface habitable et de ne pas toucher un objet protégé.

Canton du Valais

La demande se dépose auprès de la commune. À l’intérieur des zones à bâtir, c’est en principe le conseil municipal qui autorise ; hors zone à bâtir, la Commission cantonale des constructions. Le Secrétariat cantonal des constructions consulte les services de l’État. Chaque commune a son règlement des constructions et des zones.

Ce qui déclenche presque toujours une procédure

  • Toucher à une structure porteuse (ouvrir un mur, créer une trémie).
  • Modifier une façade, une toiture, créer ou agrandir une ouverture.
  • Agrandir, surélever, créer une annexe.
  • Changer l’affectation d’un local (un bureau devient un logement, une cave devient une chambre).
  • Intervenir sur un bâtiment recensé ou protégé.

Des travaux d’entretien intérieurs sans incidence sur la structure, les façades ou l’affectation peuvent, selon le canton et la commune, ne demander qu’une annonce ou aucune autorisation. C’est la commune qui le dit, pas l’entreprise : une demande de renseignements coûte peu et évite un arrêt de chantier.

3. Lire un devis sans se tromper

Deux devis pour les mêmes travaux peuvent différer du simple au double. Le plus souvent, ce n’est pas que l’un est cher et l’autre pas : c’est qu’ils ne contiennent pas la même chose.

Les quatre questions à poser à un devis

  1. Qu’est-ce qui est compris, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Démontage et évacuation des gravats, protection des parties communes, raccordements, nettoyage de fin de chantier, finitions : chaque poste absent réapparaîtra en supplément.
  2. Quel type de prix ? En droit suisse, il y a le prix forfaitaire (art. 373 CO) : un montant ferme, qui ne bouge pas sauf circonstances extraordinaires. Le prix d’après la valeur du travail (art. 374 CO), qu’on appelle souvent « en régie » : si le prix n’a pas été fixé d’avance, vous payez le travail et le matériel réellement fournis. Et le devis approximatif (art. 375 CO) : une estimation, qui peut être dépassée. Si le dépassement est excessif et que vous n’y êtes pour rien, vous pouvez vous départir du contrat ou, pour des travaux sur votre propre immeuble, demander une réduction du prix. Un « devis » n’est donc pas automatiquement un prix ferme. Demandez lequel vous signez.
  3. Qui réalise et qui répond ? Le nom de l’entreprise, son inscription au registre du commerce, son assurance responsabilité civile, et pour chaque lot (électricité, sanitaire, carrelage…) qui en est responsable.
  4. Comment on paie ? Un échéancier lié à l’avancement réel, pas au calendrier. Un acompte à la commande est courant ; la plus grande part se paie à l’avancement et le solde après la réception.

Les signaux qui doivent vous faire réfléchir

  • Un devis en une ligne, sans détail des postes.
  • Un prix « tout compris » qui ne dit pas ce qu’il comprend.
  • Pas de date de début ni de durée indicative.
  • Pas de clause sur les modifications en cours de chantier.
  • Une remise importante à condition de signer le jour même.
Le devis que vous recevez via Lemaneo est établi par l’entreprise partenaire, poste par poste, avec le nom de l’entreprise responsable de chaque lot. Toute modification en cours de chantier passe par un avenant écrit de l’entreprise, que vous validez avant exécution.

4. Pendant le chantier

Trois règles qui évitent la plupart des conflits.

  • Rien ne change sans écrit. Une prise en plus, un carrelage différent, une cloison déplacée : chaque changement a un coût et un délai. Il se valide par écrit avant, pas sur un coin de table après.
  • Un point régulier, un seul interlocuteur. Vous ne devriez pas avoir à arbitrer entre le plombier et le carreleur : c’est le rôle de l’entreprise qui dirige le chantier. Et vous devez pouvoir joindre quelqu’un qui vous répond.
  • Les photos à chaque étape. Avant de fermer un mur ou de couler une chape, une photo des réseaux vaut de l’or dix ans plus tard.

5. La réception et les garanties

La réception, c’est le moment où vous constatez ensemble que l’ouvrage est livré. Elle se fait sur place, avec un procès-verbal : chaque défaut constaté (une « réserve ») y est noté avec son responsable et la date prévue de reprise. Ne signez pas un procès-verbal vide si vous voyez des défauts, et ne payez pas le solde avant que les réserves importantes soient levées.

Côté garanties, le Code des obligations prévoit des droits en cas de défaut de l’ouvrage (art. 367 ss CO). Depuis le 1er janvier 2026, pour un ouvrage immobilier, vous disposez de 60 jours pour signaler un défaut à l’entrepreneur, qu’il soit visible à la réception ou découvert plus tard (art. 367 al. 1bis et 370 al. 4 CO) ; un contrat ne peut pas raccourcir ce délai. L’action se prescrit par cinq ans dès la livraison (art. 371 CO). Beaucoup de contrats renvoient en plus à la norme SIA 118, une norme contractuelle courante dans la construction suisse : elle ne s’applique que si le contrat le prévoit, et elle organise notamment un délai de garantie pendant lequel vous pouvez signaler les défauts. Lisez quelle version s’applique à votre contrat.

6. La liste avant de signer

  • Je sais si mon projet demande une autorisation, et qui la dépose.
  • En PPE, j’ai lu le règlement et, si besoin, l’accord de l’administration.
  • Le devis détaille chaque poste et précise ce qui est exclu.
  • Je sais si le prix est forfaitaire, en régie ou approximatif.
  • Le nom, l’inscription au registre et l’assurance de l’entreprise figurent sur le devis.
  • L’échéancier de paiement suit l’avancement.
  • Les modifications passent par un avenant écrit.
  • La réception se fera avec un procès-verbal de réserves.

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Sources

Ce guide est une information générale, mise à jour en novembre 2026. Il ne remplace ni l’avis de votre commune ni celui d’un professionnel du droit. Les règles changent : nous les vérifions pour chaque projet.

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